A maman, 1920· III En deuil
L’ombre portée
En deuil, je suis semblable à l’ombreDe quelqu’un de toutes couleurs.Je suis l’ombre grandie et sombreD’une enfant jouant dans les fleurs
Ma tête est lourde, mon cou ploieEt je m’en vais décidémentVers peu de bruit, vers peu de joieEt ressassant toujours maman.
J’écoute si la voix câlineEt vieille va dire mon nom.Mais hélas je sais bien que non,Et tout me répète :orpheline
Maintenant qu’elle n’est plus là,Que l’air soit encor respirableC’est cela, surtout, c’est celaQui ne me paraît pas croyable.
Tout ce noir qui me vêt de deuilC’est, sur moi, restée et visible,La grande ombre portée horrible,L’ombre tout debout d’un cercueil
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a l’ombre / sombre féminine, classiqueb couleurs / fleurs masculine, classiquea ploie / joie féminine, classiqueb décidément / maman masculine, non classiquea câline / orpheline féminine, classiqueb nom / non masculine, classiquea là / cela masculine, classiqueb respirable / croyable féminine, classiquea deuil / cercueil masculine, classiqueb visible / horrible féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après A maman, Paris, LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE, 1920· Sources