Ferveur, 1902· Poèmes terrestres
Au crépuscule
Quoique les branches soient‖ encore toutes nues,Le printemps est déjà‖ dans l’air des avenues.
Pas une fleur n’émeut‖ les gazons des talus,Les bois sont durs et noirs ;‖ pourtant l’hiver n’est plus.
Prenons-nous par la main‖ et marchons sans secousse.Notre cœur sans parole‖ est triste, et l’heure est douce.
Aimons, dans le silence‖ où s’étouffent nos pas,La beauté des couchants‖ qui ne nous trompe pas.
Goûtons tout le bonheur‖ de notre solitude :Une voix bercera‖ cette béatitude ;
Car un pur rossignol‖ que nous ne pouvons voirChante à mourir au fond‖ des arbres et du soir,
Et sa grande âme, vers‖ la lune qui se lève,Monte de ses poumons‖ plus menus qu’une fève…
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 7(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 7 distiques
- Mots à la rime
- a nues / avenues fémininea talus / plus masculinea secousse / douce fémininea solitude / béatitude fémininea voir / soir masculinea lève / fève féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources