Ferveur, 1902· Poèmes terrestres
Au printemps
Il faut nous apprêter‖ à de très grandes joiesParce que le Printemps‖ avec toutes les soiesDe ses fleurs, sa tiédeur,‖ son odeur, son piment,Hors les bourgeons vernis‖ qui claquent follementVa sortir, encombrant‖ les jardins et les voies.
Déjà le bavardage‖ et la fraîcheur des eauxRegonflent les gosiers‖ innocents des oiseaux.Le lierre encore noir‖ aux arbres s’enchevêtre,Et, comme au bruit lointain‖ d’une flûte champêtre,Tout l’instinct se réveille‖ et chante dans nos os.
C’est alors que, le long‖ des heures bucoliques,Moissonnant au soleil‖ les grandes angéliquesPesantes de bourdons‖ au bout des prés en fleur,Des paisibles matins‖ aux soirs mélancoliquesNous voudrions griser‖ nos regards de fraîcheur,
Jusqu’à ce que, parmi‖ la verdure où l’eau brille,Notre âme figurât‖ la petite chenilleVerte, enroulée au cœur‖ d’une feuille de mai,Qui s’endort, confiée‖ à l’abri qui l’habille,Et se balance au gré‖ du printemps parfumé.
Versification
- Forme
- 4 quintils (strophes variées)
- Rimes
- 2(aabba) 2(aabab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a joies / soies / voies féminineb piment / follement masculinea eaux / oiseaux / os masculineb s’enchevêtre / champêtre fémininea bucoliques / angéliques / mélancoliques féminineb fleur / fraîcheur masculinea brille / chenille / l’habille féminineb mai / parfumé masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources