Ferveur, 1902· Déclarations
L’écume est morte…
L’écume est morte ; l’algue‖ est un beau ruban clairEnvolé ; la rondeur‖ des pieuvres lumineusesNe luit plus son opale‖ au cœur des vagues creuses…Pourquoi te lèves-tu,‖ fantôme de la Mer ?
Je n’ai plus le manteau‖ pesant à mes épaulesOù venait palpiter‖ ton souffle haletant ;Je ne sais plus le pas‖ de celle qui attendToujours, les yeux plongés‖ au mystère des pôles ;
Ma bouche n’aura plus‖ le cri des abandonsEt cette soif qui veut‖ s’abreuver d’altitude,Ni mon cœur, pris d’orgueil‖ sombre et de solitude,La liberté hirsute‖ et dure des chardons ;
Je ne comprendrai plus‖ la douleur des marées ;Seule, et sauvagement,‖ le long du flot natal,Je ne t’offrirai plus‖ l’holocauste mental,O Spectre ! de mon geste‖ aux mains désespérées ;
Car, malgré le passé‖ profond que je te dois,Si tu resurgissais‖ des vagues éternellesOù j’ai cru te noyer‖ une suprême fois,Je te submergerais‖ aux fond de deux prunelles !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a clair / Mer masculineb lumineuses / creuses fémininea épaules / pôles féminineb haletant / attend masculinea abandons / chardons masculineb d’altitude / solitude fémininea marées / désespérées féminineb natal / mental masculinea dois / fois masculineb éternelles / prunelles féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources