Ferveur, 1902· L’âme des choses
Roses
Roses qu’étreint le vase‖ où l’on poursuit vos tigesLongeant, vertes, le vert‖ trouble de se paroi,Si la maturité‖ vous penche au marbre froidOù, feuille à feuille, vont‖ s’achever vos prestiges,
Moi, voyant trépasser‖ vos pesantes fraîcheurs,La narine tendue‖ aux derniers aromates,Apprêtant mon ouïe‖ au choc des chutes matesQui d’un coup mettent bas‖ la jeunesse des fleurs,
A l’étroit de la ville,‖ à l’étroit de la chambre,Seule dans mon fauteuil‖ où rêver et dormir,Loin de l’Octobre d’or‖ que va mordre Novembre,
Je sens mourir, j’entends‖ mourir, je vois mourirEn vous qui me leurrez‖ par de subtiles feintes,Roses ! les grands jardins‖ d’automne d’où vous vîntes.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc efe fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a tiges / prestiges féminineb paroi / froid masculinec fraîcheurs / fleurs masculined aromates / mates fémininee chambre / Novembre fémininef dormir / mourir masculineg feintes / vîntes féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources