Ferveur, 1902· Déclarations
Une enfance le long des prés…
Une enfance le long‖ des prés, le long des haiesEt le long de la mer‖ aussi qui la connut,Et le long d’une ville‖ humble et marine aux baiesSaumâtres où s’endort‖ quelque bateau chenu,Une enfance du Nord,‖ chétive aux gestes tristes,Errant, le front chargé‖ de rêves fantaisistes,Emplit ses yeux, emplit‖ son âme, emplit son cœurDe ciel bizarre‖ et d’océan‖ glauque et berceurEt de cette humble ville‖ et de ces paysagesOù les bateaux trainaient‖ des senteurs de voyagesFabuleux, et, longtemps‖ inquiète, attenditAu bord des eaux quelqu’un‖ de grave et de hardiComme un roi qui viendrait‖ du loin profond vers elle.Et cette enfance est morte‖ ainsi, pâle et fidèle,Sans avoir jamais vu‖ le grand vaisseau venir…
Mais, puisque maintenant‖ cet avenir se lève,Voici que le Réel‖ répare et vient tenirLa promesse que fit‖ à l’enfance le Rêve.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abab] 5[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a haies / baies féminineb connut / chenu masculinea tristes / fantaisistes fémininea cœur / berceur masculinea paysages / voyages fémininea attendit / hardi masculinea elle / fidèle fémininea venir / tenir masculineb lève / Rêve féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources