Horizons, 1905· De moi-même
Amie
Mon regard vainement‖ attentif et subtilS’est plongé dans les yeux‖ mystérieux des femmes.O mon regard lassé !‖ se peut-il, se peut-ilQue le silence soit‖ si rare au fond des âmes ?…
Mais les lacs troubles sont‖ plus profonds que les yeux,Et voici dans les eaux‖ la commençante automne.Allons voir luire au cœur‖ de ses bois qui moutonnentDes morceaux de couchant‖ entre les sapins bleus.
Elle meurt chaque jour‖ tragiquement au monde ;Ses saules sont plus beaux‖ que des cheveux défaits…Ah ! qui vaudra jamais‖ cette grande âme blondeQui s’effeuille sur nous‖ au passage et se tait ?
— Tu seras mon amie,‖ automne ardente et sobre,Et j’appuierai mon cœur‖ contre ton cœur brisé,Et tu me donneras‖ tes lèvres à baiserSur l’humide douceur‖ de tes roses d’octobre.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2{1(abab) 1(abba)}
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a subtil / peut-il masculineb femmes / âmes fémininea yeux / bleus masculineb automne / moutonnent fémininea monde / blonde féminineb défaits / tait masculinea sobre / d’octobre féminineb brisé / baiser masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources