Horizons, 1905· Tendresses
Aurore
Voici l’heure. Les coqs‖ chantent à rendre l’âme.Un frôlement de jour‖ s’insinue, et profaneLes gouffres de la nuit‖ avec sa clarté neuve ;Des bruits d’essieux s’en vont‖ par les routes dormantes,Et le cri des bateaux‖ bouleverse les fleuves.
La terre de nouveau‖ crève l’immensitéAvec les angles blancs‖ et durs de ses cités,Et voici que la vie‖ inutile et poignanteVa reprendre devant‖ ce miracle éternel :L’aurore éclaboussant‖ de triomphe le ciel !
Pour nous, surgis tous deux‖ du néant du sommeil,Étonnés et graves, songeonsAu sixième malin‖ de la Création,Et, debout dans la paix‖ et l’amour de nos âmes,Embrassons-nous devant‖ le lever du soleilComme le premier homme‖ et la première femme.
Versification
- Forme
- Quintils
- Mètre
- Alexandrins surtout (15 de 12, 1 de 8)· profil 6+6, (8)
- Strophes
- 1 quintil, 1 sizain
- Mots à la rime
- a l’âme / profane fémininec neuve / fleuves féminined dormantes / poignante fémininef l’immensité / cités masculinei éternel / ciel masculinei sommeil / soleil masculinej songeons / Création masculinea âmes / femme féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources