Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Billancourt
En passant le long des rues,J’entends la vie,‖ à travers les maisons,Qui parle, cogne, respire, se remueSans qu’on sache bien ses raisons.
Dans une cour, voici‖ qu’un tout petit piaule :Commencement du mal‖ de vivre, premier cri.Un rôdeur devant moi‖ marche seul sur Paris ;L’horizon est barré‖ de noir par ses épaules.
Le rôdeur disparaît,‖ le cri va s’éloignant…— Oh ! pauvres vieux qu’on voit‖ debout devant les portesCrispés sur leur bâton‖ de toutes leurs mains mortes !Oh ! femmes enceintes avec ce regard poignant !
Ainsi vais-je. Voici‖ gagné le cimetière.C’est le même monde, mais mort.Le soir tombe. La vie‖ au loin fait son effortPour ce droit de fermer‖ les yeux et de se taire.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 1(abab) 3(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (10 de 12, 2 de 8, 1 de 7, 1 de 10, 1 de 11, 1 de 13)· profil 8, (4+6), 6+6, (7), (11), (13)
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a rues / remue féminineb maisons / raisons masculinea piaule / épaules féminineb cri / Paris masculinea s’éloignant / poignant masculineb portes / mortes fémininea cimetière / taire féminineb mort / effort masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources