Horizons, 1905· La mort
Cimetière
Inconcevable mort,‖ j’ai lentement marchéDans ton jardin et dans ta ville,Et me suis réjouie‖ à ton odeur subtileDe vieille pierre où pousse‖ un bouquet maraîcher.
En une symétrie‖ identique et parfaite,Des gens se reposaient en toi ;Une croix de granit‖ leur sortait de la tête,Et des fleurs sentaient bon‖ le long de leur corps froid.
Comment me souvenir‖ des soirs où ton mystèreCreusait mon cerveau fatigué,Quand ainsi se berçaient‖ tes emblèmes de verreSur ton rectangle étroit‖ de marbre ou de buis gai ?
Je voulais rappeler‖ tout bas tes heures hautesDe détresse et d’abstraction,Et ma paume cherchait‖ ta forme sur mes côtes,Mais j’y sentais mon cœur‖ battre sa passion,
Et les tombeaux montraient‖ ma future paresseÉternelle, et me donnaient tort ;Mais mon cœur dans ma paume‖ éclatait de jeunesseEt j’étais malgré tout‖ plus forte que la mort.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 1(abba) 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a marché / maraîcher masculineb ville / subtile fémininea parfaite / tête féminineb toi / froid masculinea mystère / verre féminineb fatigué / gai masculinea hautes / côtes féminineb d’abstraction / passion masculinea paresse / jeunesse féminineb tort / mort masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources