Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Encore juillet
Juillet, juillet, je sais‖ que ton foin au soleilSent bon et fort au bout‖ des prés de Normandie ;Je sais, à la chaleur‖ qui me laisse engourdie,Que tu reviens là-bas,‖ tranquillement pareil.
Juillet, juillet, je vois‖ ici d’autres natures,D’autres ciels variés,‖ d’autres prés, d’autres eaux,Mais pas mes pommiers ronds‖ penchés sur mes clôtures,Ni mes herbages verts,‖ ni mes beaux bestiaux.
Juillet, juillet, je sais‖ mes grands soirs dans mes meules,Lorsque la nuit qui vient‖ élève un croissant clair,Qu’entre les arbres noirs‖ luit encore la merEt qu’on s’assied au cœur‖ des choses, toute seule.
Juillet, juillet, j’entends‖ encore tes grillonsÉperdus, qui faisaient‖ trépider le silence.Je verse encor les pleurs‖ de mon adolescenceSur l’heure qui se hâte‖ et que nous oublions.
Juillet, juillet, juillet !‖… je porte dans mes moellesLe pays où je fus,‖ tout ce que j’ai étéDans tes foins, quand le cri‖ tragique de l’étéMontait en moi parmi‖ l’averse des étoiles !…
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a soleil / pareil masculineb Normandie / engourdie fémininea natures / clôtures féminineb eaux / bestiaux masculinea meules / seule féminineb clair / mer masculinea grillons / oublions masculineb silence / adolescence fémininea moelles / étoiles féminineb été / l’été masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources