Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Le printemps
Le printemps, à travers‖ tout ce qui nous séquestre,S’annonce déjà, sourd,‖ exact, primordial.Et voici qu’un émoi‖ doucement bestialEmporte nos désirs‖ vers sa fête terrestre.
L’impérieux instinct‖ repousse le fardeauDu songe et du labeur‖ des villes en tumulte ;Vers les bois, vers les champs,‖ vers les prés gorgés d’eau,Il s’élance, affamé‖ d’éclosions incultes.
— Ah ! puisque les saisons‖ s’apprêtent à sortirDe ce bourgeon crevé‖ plein de feuilles défaites,Nous prendre par la main‖ en riant et bondirParmi les arbres gris‖ dont verdissent les faîtes !
Ah vivre !… Quelle voix‖ appelle à l’horizon ?…L’air tiédi, le ciel clair‖ et le soleil qui joue,Tout cet ivre printemps‖ emporte nos raisons,Et toute la jeunesse‖ est montée à nos joues ;
Et nous avons posé‖ nos paumes sur nos yeux,Et nous avons senti‖ qu’en nous Adam et ÈveSe dressaient, pour reprendre‖ ensemble l’ancien rêveD’être nus, d’être purs,‖ d’être seuls, d’être heureux.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 2(abba) 3(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a séquestre / terrestre féminineb primordial / bestial masculinea fardeau / d’eau masculineb tumulte / incultes fémininea sortir / bondir masculineb défaites / faîtes fémininea l’horizon / raisons masculineb joue / joues fémininea yeux / heureux masculineb Ève / rêve féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources