Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Le vent
Le vent tombé revient‖ comme un raz de maréeTourmenter les villes carréesEt les arbres de leurs jardins.
Il déferle sur nous‖ par gigantesques lames,Il voudrait nous arracher l’âmeGomme les feuilles des jardins.
Ah ! livrons notre orgueil‖ et notre véhémenceAu flot qui meurt et recommenceDe cette mer qu’on ne voit pas,
Et que notre pensée,‖ âpre, agile et muette,Domine ainsi qu’une mouetteTant d’énergie et de fracas !
— Le vent ! Le vent ! Voici‖ que le monde s’écrouleIvre d’un souvenir de houle,D’écume, d’embrun et de sel,
Je foncerai, les yeux‖ fermés, sur la tempête,Pour croire que je troue‖ et brise avec ma têteLe tourbillon universel !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[aa] 3[abba]
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (11 de 8, 7 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a marée / carrées féminineb lames / l’âme fémininea véhémence / recommence fémininea pas / fracas masculineb muette / mouette fémininea s’écroule / houle fémininea sel / universel masculineb tempête / tête féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources