Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Tout le printemps…
Tout le printemps pèse sur moiAvec le souvenir‖ de l’enfance perdueQui secouait les fleurs‖ des arbres sur sa joieEt jetait aux jardins‖ son rire suraigu.
Branches de mars que j’ai tenues,Écloses, sur mon cœur‖ puéril d’autrefois,Se peut-il qu’aujourd’hui,‖ sans frémir, je vous voieBercer dans le ciel bleu‖ vos bouquets revenus ?
Comment courber vos belles hampesJusqu’à ma bouche où dort‖ le complexe baiser,Appuyer la chaleur‖ fiévreuse de mes tempesSur vos pétales purs,‖ lourds d’un peu de rosée ?…
— Plus rien en moi n’est innocentEt j’ai honte des fleurs‖ que la saison me donne,Et je voudrais la sœur‖ de mon âme, l’automneMortifiée, amère,‖ âpre, couleur de sang…
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2{1(abab) 1(abba)}
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a moi / joie masculineb perdue / suraigu fémininea tenues / revenus féminineb d’autrefois / voie masculinea hampes / tempes féminineb baiser / rosée masculinea innocent / sang masculineb donne / l’automne féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources