La figure de proue, 1908· Paroles sur Carthage
« Delenda est… »
Nous hanterons longtemps‖ cette mer jamais basseDans laquelle sombra‖ toute l’antiquité,Où les cailloux mouillés‖ d’écume qu’on ramasseSe souviennent encor‖ d’avoir été sculptés.
Carthage ! nous irons‖ partes moissons tranquillesQue les souffles marins‖ remuent profondément,Et nos pieds blesseront‖ une ou deux ou trois villesMortes devant tes flots‖ royaux de diamant.
Le Souvenir fera‖ rouler les mers humainesQui, furieusement,‖ se heurtèrent ici.Et les soirs empourprés‖ reparleront des hainesDont les champs et les eaux‖ font encor le récit…
Ah ! celte âpre cité‖ qui ne veut pas se taire !Que dit Caton, ce soir ?‖… Morte, Carthage ? — Non.L’Invisible, debout,‖ surgit de cette terre.Et voici devant nous‖ plus qu’une ville : un nom.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a basse / ramasse féminineb l’antiquité / sculptés masculinea tranquilles / villes féminineb profondément / diamant masculinea humaines / haines féminineb ici / récit masculinea taire / terre féminineb Non / nom masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources