La figure de proue, 1908· Premier islam
Fumerie d’été
I
La maison est obscure‖ au fond de la chaleur.Comme, profondément,‖ je respire l’étoileDe tabac, l’existence‖ est à travers un voile,Hormis l’étoile en feu‖ qui ravage mon cœur.
Je suis d’avance mûre‖ en longs plis. Je possèdeDes sens orientaux‖ rêvés par l’Occident.Dans ma bouche, déjà,‖ la .mort montre les dents.Mais l’été m’engourdit‖ d’un bercement si tiède !
C’est l’absence. Ce sont‖ les jours coloniaux.On ne pourra jamais‖ revenir de ces choses ;On est la cantharide‖ ivre au creux d’une rose…Au retour, nous serons‖ étrangers jusqu’aux os.
Qu’on se taise. Je vis‖ d’ouate et de silence.Maintenant, maintenant,‖ saurais-je d’où je sors ?Est-ce que je finis ?‖ Est-ce que je commence ?— Qui me fera jamais‖ lever d’entre les morts ?
II
Petite cigarette‖ en or d’extrême étéAu bout de quoi le monde flanche,A cause de ton feu‖ mon être est tourmentéPar un songe de ma peau blanche.
Loin d’ici, des drapés‖ sur des visages bruns.Des jours les plus chauds de la terre,Des pâmoisons de fleurs‖ couveuses de parfums.J’ai rêvé de rhum solitaire.
Parce que les regards‖ humains qui me voyaientNe pouvaient pas voir mes merveilles.J’ai voulu de grands soirs‖ marins qui louvoyaientD’Anglais seul avec ses bouteilles,
Pour, loin à tout jamais‖ des mondes, sur un flot,Parmi l’odeur saumâtre, vivreDans la cabine saure‖ et contre le hublotIneffable d’un bateau ivre.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3(abba) 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (24 de 12, 8 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a chaleur / cœur masculineb l’étoile / voile fémininea possède / tiède féminineb l’Occident / dents masculinea coloniaux / os masculineb choses / rose fémininea silence / commence féminineb sors / morts masculinea été / tourmenté masculineb flanche / blanche fémininea bruns / parfums masculineb terre / solitaire fémininea voyaient / louvoyaient masculineb merveilles / bouteilles fémininea flot / hublot masculineb vivre / ivre féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources