La figure de proue, 1908· De France
Hésitation
Mes pays d’autrefois,‖ aies deux pays premiers,Paris et ma côte normande,Lorsque je suis au loin,‖ mon âme redemandeVotre ciel nuageux,‖ vos toits ou vos pommiers.
Cependant m’avez-vous,‖ en vérité, reprise ?Et mon cœur, revenu‖ parmi votre air subtil.N’est-il pas encore en exil.Verte campagne et ville grise ?
O prés ! O ville ! O terre‖ où sont mes anciens pas,Je porte en moi‖ l’inquiétude‖ et l’insolenceDe me souvenir en silenceQue j’ai marqué mes pieds‖ sur d’autres sols, là-bas.
Hélas ! je comprends moins‖ votre douce lumièrePour avoir vu flamber‖ des ciels plus inouïs…— Quiconque trop longtemps‖ a quitté son paysN’y peut plus rapporter‖ son âme tout entière.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6=6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a premiers / pommiers masculineb normande / redemande fémininea reprise / grise féminineb subtil / exil masculinea pas / là-bas masculineb l’insolence / silence fémininea lumière / entière féminineb inouïs / pays masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources