La figure de proue, 1908· En Kroumirie
Moment nocturne
Nous qui ne portons point‖ le joug bas des aînés,Qui ne connaissons plus‖ dans quel monde nous sommes,Nous savons la splendeur‖ des soirs déracinésOù l’on est seulement‖ des femmes et des hommes.
Nuits d’Afrique ! Tenant‖ nos nuques dans nos mains,Nous avons respiré‖ Tété comme des plantes.Alors que, sur nos yeux‖ restés à peine humains.Le ciel laissait tomber‖ ses étoiles filantes.
Ah ! qui saura les dieux‖ que nous avons étéQuand toute la forêt‖ craquait comme une écorceEt qu’animale en nous‖ s’étirait notre forceDans un instant plus grand‖ que notre éternité ?
Versification
- Forme
- 3 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a aînés / déracinés masculineb sommes / hommes fémininea mains / humains masculineb plantes / filantes fémininea été / éternité masculineb écorce / force féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources