La figure de proue, 1908· Au port
Retour a la mer
Mer nocturne passée,‖ ô toi que je retrouve,Autrefois, par les soirs,‖ le long de tes galets,Sombre et seule, devers‖ le destin je hélais.Et mon inquiétude‖ errait comme une louve.
Salut ! J’aime toujours,‖ grisaille dans le vent.Ton flux influencé‖ comme celui des femmes.Ont-ils, tes flots pareils‖ à des millions d’âmes.Mémoire de mon front‖ qui fonçait en avant ?
Ta rétractilité‖ de bête monte et baisse.Reconnais-tu mes yeux,‖ toi qui prends, toi qui mens.Toi qui roules, ainsi‖ qu’une âme de Déesse,Parmi tes eaux, l’obscur‖ instinct des éléments ?
Tu berces sous mon ciel‖ tes caprices d’opale,Comme autrefois ; et moi,‖ semblable au vaisseau fierQui rentre au port, plus beau‖ d’avoir couru la mer,Je m’en reviens ce soir‖ plus royale et plus pâle.
Je m’en reviens‖ pour repartir‖ vers le bonheurDe vivre, de cingler‖ droit au risque que j’aime…Revenir. Repartir.‖ — O mer grise, ô moi-même.T’ai-je jamais quittée,‖ intime profondeur ?
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a retrouve / louve féminineb galets / hélais masculinea vent / avant masculineb femmes / d’âmes fémininea baisse / Déesse féminineb mens / éléments masculinea d’opale / pâle féminineb fier / mer masculinea bonheur / profondeur masculineb j’aime / moi-même féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources