La figure de proue, 1908· Premier islam
Séduction
La petite beauté‖ musulmane, paréeDe ses sauvages trois colliers,La chère enfant de dix‖-sept ans toute dorée,Debout sur ses pieds sans souliers,
Elle ne connaît rien‖ des chétives romancesDont vivent celles-là‖ d’Europe, avec leur cœurCultivé jusqu’à la rancœur ;Mais elle a deux yeux roux‖ entre des cils immenses
Et, sachant relever‖ et baisser lourdementSes deux paupières de muséeToute elle se revêt‖ d’ingénuité ruséeSitôt qu’on la regarde‖ avec un air d’amant.
Elle ne pense pas.‖ Sa beauté n’a pas d’âme.Mais on voit panteler‖ jusqu’au fond de ses yeuxCet animal divin, la femme,Et cela vaut autant‖ qu’une âme ‒ et même mieux.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 2(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (11 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6−6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a parée / dorée féminineb colliers / souliers masculinea romances / immenses féminineb cœur / rancœur masculinea lourdement / d’amant masculineb musée / rusée fémininea d’âme / femme féminineb yeux / mieux masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources