Les sept douleurs d’octobre, 1930· VII L’angoisse
L’adieu
Je sais que j’ai vécu‖ des milliers d’annéesMais que mon temps sur terre‖ est à jamais fini.Les choses d’ici-bas‖ d’avance abandonnées,Je suis déjà dans l’infini.
Depuis mes premiers jours‖ je fais semblant de vivre,Sachant que je m’en vais‖ autre part, autre part.Un invisible vol,‖ en moi, furieux, ivre,Se gonfle pour le grand départ.
Ma forme, mon visage‖ et l’œuvre que j’ai faite,La beauté, le lyrisme,‖ ah ! Qu’est-ce que cela ?Pour ce dernier séjour‖ ici, j’étais poète.C’était déjà n’être plus là.
Finis l’anxiété,‖ le malaise, la peine.La mort, la vraie enfin,‖ m’ouvre son océan.Mon temps qui, cette fois,‖ se termine, m’emmèneVers la Vie ou vers le Néant.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a d’années / abandonnées féminine, classiqueb fini / l’infini masculine, classiquea vivre / ivre féminine, classiqueb part / départ masculine, classiquea faite / poète féminine, classiqueb cela / là masculine, classiquea peine / m’emmène féminine, classiqueb océan / Néant masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources