Les sept douleurs d’octobre, 1930· VI Spectres
Lueurs
L’épouvante et l’étonnementDe sentir cette forme humaineQui me limite et qui me mène,Font parfois mon regard dément.
Aussitôt que je serai seuleCommencera le cauchemar :Vouloir soulever cette meulePour fuir, m’en aller autre part.
Je sens aux parois de mes tempesDes milliards d’astres tourner.Dans mon esprit emprisonnéFiltre un frôlement de ces lampes.
Da chambre est pleine d’univers.De système solaire accableMon humanité misérableQui hurle à la mort au travers.
Certains soirs je vais tout comprendre,Je vais enfin devenir Dieu !Tison qui couve sous la cendre,Mon esprit va créer le feu.
Est-ce mourir que je souhaite ?Je n’en peux plus, je n’en peux plusDe ne hanter qu’une planèteDont tous les chapitres sont lus.
Venez me sauver, art, musique,Travail, étude, passe-temps,Que j’oublie, ô soirs sanglotants,La pauvre horreur d’être physique !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 4(abba) 3(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a l’étonnement / dément masculine, classiqueb humaine / mène féminine, classiquea seule / meule féminine, classiqueb cauchemar / part masculine, équivalentea tempes / lampes féminine, non classiqueb tourner / emprisonné masculine, classiquea d’univers / travers masculine, non classiqueb accable / misérable féminine, classiquea comprendre / cendre féminine, classiqueb Dieu / feu masculine, classiquea souhaite / planète féminine, classiqueb plus / lus masculine, classiquea musique / physique féminine, classiqueb passe-temps / sanglotants masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources