Les sept douleurs d’octobre, 1930· VIII Bonheurs
Méditation
D’automne, passionnément,S’arrache toute au vent qui passe.Mes deux paumes portent ma face,Et je songe au renoncement.
Ma vie, aujourd’hui, se résumeA peu de chose, en vérité.C’est si lâche de s’attrister :Je ne veux plus de l’amertume.
Être la femme que voilà,Debout encore dans sa force,Avoir grand souffle et bonne écorce,Ce n’est pas si mal que cela.
Elles sont éteintes, mes flammes ;Oui, certes, les jours sont plus courts.Mais ne puis-je, pour bien des âmes,Être encor lumière et secours ?
L’existence n’est pas un leurreQuand on peut beaucoup pour autrui.Mon ambition d’aujourd’hui :Être plus sereine, et meilleure.
D’un cœur plus pur, plus dégagé,Essayer de sourire aux choses.Moins d’épines et plus de roses.Je veux aimer mieux ce que j’ai.
Les mauvais songes sont indignes !Il faut, — et si je veux je puis —Que, les courageux dont je suis,On les reconnaisse à leurs signes.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba) 1(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a passionnément / renoncement masculine, classiqueb passe / face féminine, classiquea résume / l’amertume féminine, classiqueb vérité / s’attrister masculine, non classiquea voilà / cela masculine, classiqueb force / écorce féminine, classiquea flammes / âmes féminine, classiqueb courts / secours masculine, classiquea leurre / meilleure féminine, classiqueb autrui / d’aujourd’hui masculine, classiquea dégagé / j’ai masculine, classiqueb choses / roses féminine, équivalentea indignes / signes féminine, classiqueb puis / suis masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources