Les sept douleurs d’octobre, 1930· VIII Bonheurs
Modes
Je vais en bas couleur‖ de jambes, fins souliers,Robe droite à la taille‖ excessivement basseEt si courte qu’on voit‖ mes mollets déliés.Mes cheveux sont coupés‖ sous mon chapeau cocasse.
Je suis la mode assez‖ pour ne détonner point :Fourreaux de satin noir,‖ foulards de teintes crues,Manteaux rudes de poils‖ rayés ; de près, de loin,Mon passage élégant‖ n’étonne pas les rues.
Le seul étonnement‖ est en moi — Car je voisCette époque où je vis‖ d’avance décédée.Tout change. En souriant‖ ils diront : « Autrefois ! »Ma toilette, à mes yeux,‖ est déjà démodée.
On représentera‖ sur des scènes cela,Et vous soupirerez,‖ jeunes femmes câlines,Et songerez : « O charme‖ exquis de ce temps-là ! »— Comme quand nous voyons‖ danser des crinolines.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a souliers / déliés masculine, classiqueb basse / cocasse féminine, classiquea point / loin masculine, non classiqueb crues / rues féminine, classiquea vois / Autrefois masculine, classiqueb décédée / démodée féminine, classiquea cela / temps-là masculine, classiqueb câlines / crinolines féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources