Les sept douleurs d’octobre, 1930· IV De la vie a la mort
Mourir
Mourir… Parole d’épouvanteOu d’espoir.L’âme croit s’en aller vivanteDans le noir.
Fin d’une fête ou d’un martyre,Vaste oubli,La mort, on croirait, nous attireDans son lit.
La vie est d’un coup renverséeSous l’assaut…Que non ! La mort est commencéeAu berceau.
Et c’est sans cesse qu’elle pilleLes vivants.Où donc est la petite filleA tous vents,
Où l’adolescente aux yeux sombresQue je fus ?Hélas ! Toutes deux ne sont plusQue des ombres.
Qui donc a sangloté, pourtant,Autour d’elles,Gagnant avec un doux bruit d’ailesLe néant ?
Partout s’infiltre la ténèbreDe la mort.Chaque soir, le lit où l’on dortEst funèbre.
Mourir, c’est cesser de mourir,A quelque âgeQue la mort nous fasse atterrirAu rivage.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 5(abab) 3(abba)
- Mètre
- Trisyllabes et octosyllabes (16 de 3, 16 de 8)· profil 8, 3
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a d’épouvante / vivante féminine, classiqueb d’espoir / noir masculine, classiquea martyre / attire féminine, classiqueb oubli / lit masculine, non classiquea renversée / commencée féminine, classiqueb l’assaut / berceau masculine, non classiquea pille / fille féminine, classiqueb vivants / vents masculine, classiquea sombres / ombres féminine, classiqueb fus / plus masculine, classiquea pourtant / néant masculine, classiqueb d’elles / d’ailes féminine, classiquea ténèbre / funèbre féminine, classiqueb mort / dort masculine, classiquea mourir / atterrir masculine, classiqueb âge / rivage féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources