Mort et printemps, 1932
Le cafard
Et jusqu’où donc va me menerL’ennui que le monde me cause ?Ma dernière jeunesse, rose,Est à deux doigts de se faner.On m’avait dit que c’était l’âgeTerrible où l’on aime l’amour,Mais je ne traîne qu’un cœur lourdD’indifférence, un cœur si sage,Un cœur si triste, un cœur si froidQu’il n’est plus une place en moiPour sourire à la chose humaine.Je n’ai ni tendresse ni haine,Je suis morose, je suis loin,Et je ne tiens à rien qu’au coinOù je puis m’asseoir toute seuleA remuer comme une meuleJe ne sais quel affreux dégoûtDe moi-même et de tout — de tout !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abba] 5[aa]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a mener / faner masculine, classiqueb cause / rose féminine, classiquea l’âge / sage féminine, classiqueb l’amour / lourd masculine, non classiquea froid / moi masculine, non classiquea humaine / haine féminine, classiquea loin / coin masculine, classiquea seule / meule féminine, classiquea dégoût / tout masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 1.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mort et printemps, Paris, Albert Messein, 1932· numérisation poesies.net· Sources