Mort et printemps, 1932
Souvenirs
Je fus une sauvage filleDans les ombres d’un vieux manoirQu’on pouvait voirAu-dessus de la mer qui brille.
J’avais père et mère, et des sœurs,Et pourtant j’étais solitaire,Sachant me taireSur mes rêves et mes douleurs.
J’aimais la nuit comme je l’aime,Comme je l’aimerai toujours,Et, tous les jours,L’attendais pour être moi-même.
Dans la demeure ils dorment tous,Et moi, je commence ma veille,Mes songes fous,Toute seule avec ma merveille.
Dix-sept ans... De force ou de gréElle sent, la frêle femelle,Un souffle en elle,Vaste souffle d’homme inspiré.
Elle ne sait pas qu’elle est néePour être étrangère ici-bas.Sa destinée :Rêver toujours,ne vivre pas.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 4(abba) 2(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et tétrasyllabes (18 de 8, 6 de 4)· profil 8, 4
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a fille / brille féminine, classiqueb manoir / voir masculine, classiquea sœurs / douleurs masculine, classiqueb solitaire / taire féminine, classiquea l’aime / moi-même féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea tous / fous masculine, classiqueb veille / merveille féminine, classiquea gré / inspiré masculine, classiqueb femelle / elle féminine, classiquea née / destinée féminine, classiqueb ici-bas / pas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mort et printemps, Paris, Albert Messein, 1932· numérisation poesies.net· Sources