Nos Secrètes Amours, 1902‑1905
Pour toi
Toujours je me transforme‖ et suis toujours la mêmeComme la mer multiple‖ et une d’où je sors,Qui recule et se rue‖ à jamais et quand mêmeVers la possession‖ des villes et des portsEt des terres avec‖ leurs prés et leurs bois torsQu’Elle n’atteindra pas‖ de son spasme suprême.
Car longtemps j’ai longé‖ les vagues d’autrefoisQui gardent le contour‖ des sirènes en elles,Et jeté dans le vent‖ la force de ma voix,Et pressé ma poitrine‖ énergique et charnelleComme pour maintenir‖ sous l’effort des dix doigtsToutes les passions‖ de mon âme éternelle.
— Ah ! ne regrette pas‖ l’horreur et la beautéDe la mer, demeurée‖ au cœur de ma chair lasse !Si, frénétiquement,‖ mon désir te dépasse,C’est que, brisant le sceau‖ de notre humanité,Mon être se débat‖ sous le dieu qui l’embrasse !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(ababba) 1(ababab) 1(abbab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 sizains, 1 quintil
- Mots à la rime
- a même / suprême féminineb sors / ports / tors masculinea d’autrefois / voix / doigts masculineb elles / charnelle / éternelle fémininea beauté / humanité masculineb lasse / dépasse / l’embrasse féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nos Secrètes Amours, Cassaniouze, ErosOnyx, 2018· Sources