Occident, 1901· Vespérales
La berceuse rétrospective
A jamais ainsi‖ qu’une petite morte,Mon enfance dort‖ dans la ville qui dort.A jamais ainsi‖ qu’une petite morte,Elle dort au clapotis des eaux du portBerçant les mâts des barques‖ dans les étoiles.
Elle dort au claquement rude des voilesDe vaisseaux revenus‖ de lieux inouïs.Elle dort au claquement rude des voilesQui parle des‖ plus ignorés pays,Et son sommeil en‖ est plein de belles fables.
Elle dort de ses deux‖ grands yeux misérablesGardant comme un souvenir du paradis.Elle dort de ses deux‖ grands yeux misérablesEt qui s’étonnent peu‖ à peu agrandisSur la laideur‖ des choses de la terre.
Elle dort déjà‖ complexe et solitaire,Inquiète à travers‖ sa naïveté,Elle dort déjà‖ complexe et solitaire.Le monstre dont son cœur‖ fou sera hantéL’impossible désir‖ est dans l’œuf encore…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abab] 3[aabab] 1[aa]
- Mètre
- Hendécasyllabes surtout (18 de 11, 2 de 10, 1 de 12)· profil 5÷6, 4−6, (6+6)
- Mots à la rime
- b dort / port masculinea étoiles / voiles féminineb inouïs / pays masculinea fables / misérables féminineb paradis / agrandis masculinea terre / solitaire féminineb naïveté / hanté masculinea encore / aurore féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
21 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources