Occident, 1901· Vespérales
Le sommeil Ii
Les pierres des colliers‖ s’éteignent une à uneDans cette nuit fatale‖ où ne luit pas la lune.Endors-toi longue sur ta coucheAvec tous tes colliers‖ éteints autour du cou,Avec l’âme on ne sait où,Avec une fleur à la bouche,Avec tes bagues d’art‖ jusqu’au bout des phalanges.La veilleuse a forgé‖ des fantômes étrangesDe son vacillement‖ qui rampe par la chambreEt fleurit le plafond‖ de grands astres muetsEt remue, aux recoins,‖ des ombres qui dormaient.Repose jusqu’au jour ;‖ à moins que, pour te voir,Dans tout ce clair obscur‖ en agitation,Ne vienne sur tes seins‖ tout doucement s’asseoirLe chat noir inquiet‖ de ton sommeil profondQui fixera sur toi,‖ dans la tiédeur des plumes,Ses deux yeux ronds et clairs‖ comme deux pleines lunes…
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 3[aa] 1[abba] 1[abab]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (14 de 12, 2 de 8, 1 de 7)· profil 8, 6+6, (7)
- Mots à la rime
- a une / lune fémininea couche / bouche féminineb cou / où masculinea phalanges / étranges fémininea muets / dormaient masculinea voir / s’asseoir masculineb agitation / profond masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources