Occident, 1901· Vespérales
Spleen
Ainsi qu’un revenant‖ pâle et vêtu de noir,Le spleen lent près de moi‖ s’est assis à ma table ;Et j’ai pris à deux mains‖ ma tête lamentable,Ne pouvant plus rêver,‖ espérer et vouloir.
Rien ne peut m’en guérir,‖ rien ne peut m’en distraire,Tout mon être est en proie‖ au morne compagnon ;Qu’on m’offre d’exister‖ ma plus belle chimère,Sans force pour parler,‖ mon geste dira : « Non ! »
Ah ! puisque je ne peux‖ inventer la musiqueLugubre en qui chanter‖ ce mal quotidien,Je voudrais le hurler‖ longuement comme un chienSous la lune, perdu,‖ maigre, transi, phtisique,
Et puisque je ne peux‖ le mourir, je voudraisLe dormir nuit et jour‖ dans mon oreiller moite,Silencieusement,‖ volets clos, sans arrêts,Pour une allusion‖ à la dernière boîte.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2{1(abba) 1(abab)}
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a noir / vouloir masculineb table / lamentable fémininea distraire / chimère féminineb compagnon / Non masculinea musique / phtisique féminineb quotidien / chien masculinea voudrais / arrêts masculineb moite / boîte féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources