Occident, 1901· L’âme et la mer
Supplique
Quand le couchant se meurt‖ dans tes eaux vespérales,Mer, en passant le long‖ de tes vagues, j’entendsRôder en toi le chœur‖ des âmes ancestralesQui, de même que moi,‖ te hantèrent longtemps,Les poétesses et‖ immortelles maîtressesA qui pesèrent trop‖ leur cœurs gros de tendresses,Âmes païennes, âme‖ étrange de SaphoHurlant d’amour et de‖ génie avec ton flot…
Mer ! mer ! je sens aussi‖ que mon âme en démenceGrandit en moi pareille‖ à ta marée immense ;J’ai mal de me sentir‖ semblable à toi ! Mer ! Mer !Prends-moi donc ! Roule-moi‖ dans ta force, âme et chair,Pour que je puisse aussi‖ par tes sombres vespréesCrier comme Sapho‖ dans la voix des marées !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(ababccdd) 1(aabbcc)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 1 huitain, 1 sizain
- Mots à la rime
- a vespérales / ancestrales féminineb j’entends / longtemps masculinec maîtresses / tendresses féminined Sapho / flot masculinea démence / immense féminineb Mer / chair masculinec vesprées / marées féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources