Par vents et marées, 1910· Chez nous
Lueurs
La vitre, ce matin, essuieL’averse. Hérissant‖ l’estuaire salé,Je vois ma ville sous la pluie,Honfleur, petite sœur‖ de la grande Thulé.
Des peupliers sur la laguneTendent un rideau pâle et long.L’estuaire est couleur de lune,La ville est couleur de goudron.
Voici la belle colonnadeDes tilleuls réguliers‖ et touffus de chez nous.Les lueurs vagues de la radeSéparent doucement‖ leurs gros troncs gris et roux.
Et, dans ma chambre étroite et chaude,Comme un petit roi d’autrefois,Je regarde à l’un de mes doigtsLuire l’œil vert d’une émeraude
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abab) 1(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (12 de 8, 4 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a essuie / pluie féminine, classiqueb salé / Thulé masculine, classiquea lagune / lune féminine, classiqueb long / goudron masculine, non classiquea colonnade / rade féminine, classiqueb nous / roux masculine, classiquea chaude / émeraude féminine, classiqueb d’autrefois / doigts masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Par vents et marées, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, 1910· Sources