Souffles de tempête, 1918· II Admirations
Ma maison
Toi que j’aime, je t’aime‖ encor mieux, ma maison,Dans le silence et l’or‖ de l’arrière-saison.
Pleine de style, ô toi,‖ témoin du Dix-huitième,Ton esprit d’autrefois‖ reste notre esprit même.
Nous comprenons très bien‖ quand l’horloge de boisÀ chaque heure du jour‖ donne encor de la voix.
Nous comprenons très bien‖ quand le lent crépusculeEnvahit l’horizon‖ de sa rouge macule.
Nous comprenons très bien‖ quand un cor, dans le soir,Sonne les siècles morts‖ de tout son désespoir.
Nous comprenons très bien‖ quand, sur les nuits trop claires,Se détachent en noir‖ nos tilleuls séculaires.
Oui, si quelqu’un frappait‖ à nos petits carreaux,Il faudrait que ce fut‖ un ancien héros.
Je l’imagine à l’heure‖ intime des bougies,Alors que dans nos cœurs‖ naissent des élégies.
Ce serait un jeune homme‖ abstrait, couleur d’éther,Et j’ouvrirais sans peur,‖ disant : « Entrez, Werther ! »
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 9(aa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 9 distiques
- Mots à la rime
- a maison / l’arrière-saison masculine, classiquea Dix-huitième / même féminine, classiquea bois / voix masculine, classiquea crépuscule / macule féminine, classiquea soir / désespoir masculine, classiquea claires / séculaires féminine, classiquea carreaux / héros masculine, classiquea bougies / élégies féminine, classiquea d’éther / Werther masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources