Souffles de tempête, 1918· II Admirations
Symphonie fantastique
A Gabriel Pierné.
Ne craint-il pas, ce chef,‖ la mesure qu’il bat,Lorsque Berlioz se déchaîne,Alors que la musique‖ invisible et prochaineOuvre le génial sabbat ?
Ce n’était d’abord rien‖ que des notes câlines,Des rêves, des bergers, un bal.La valse démodée‖ enflait les crinolines,Mais le bal va tourner‖ au hideux carnaval.
Marche au supplice, éclate !‖ Et que la voix des clochesSoudain scande un dies irae !Nous sentons se lever‖ des fantômes si prochesQu’ils frôlent notre cœur serré.
Nous écoutons, raillé,‖ déformé par les cuivres« Dies iræ dies illa… »Au secours ! Devant nous,‖ démons, chimères, guivresSautillent dans les flammes, là !
Arrêtez, violons !‖… Vos danses aigrelettesFont s’entrechoquer nos genouxVoulez-vous qu’à la fin‖ s’échappent les squelettesQue nous cachons au fond de nous ?
Berlioz leur fait signe :‖ « Entrez donc dans la danse !Débarrassez-vous de vos peaux !Venez ça prendre part‖ à l’infernale transeEt sauter avec les suppôts ! »
‒ Non ! Non !… Que le silence‖ advienne et nous rassure !Cesse de leur donner le ton !Chef, ô maître sorcier,‖ prince de la mesure,Laisse retomber ton bâton !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 1(abba) 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 13 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a bat / sabbat masculine, classiqueb déchaîne / prochaine féminine, classiquea câlines / crinolines féminine, classiqueb bal / carnaval masculine, classiquea cloches / proches féminine, classiqueb irae / serré masculine, classiquea cuivres / guivres féminine, classiqueb illa / là masculine, classiquea aigrelettes / squelettes féminine, classiqueb genoux / nous masculine, classiquea danse / transe féminine, classiqueb peaux / suppôts masculine, classiquea rassure / mesure féminine, classiqueb ton / bâton masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources