Souffles de tempête, 1918· III Le sphinx
Vœux
Je ne peux pas finir‖ de songer à la mer…Je voudrais retourner‖ aux pays d’où j’arrive,Derrière un paquebot‖ voir s’effacer la rive,Et, devant, s’élargir‖ l’infini large ouvert.
Je regrette déjà‖ les départs, les escales,Les courses d’Orient‖ qu’on faisait dans les ports.Je regrette le calme plat,‖ l’orage tors,Et ces lames de fond,‖ hypocrites et pâles.
Je voudrais voir par un‖ sabord les nuits, les jours,Errer de cale en pont,‖ monotone et bercée.Je voudrais, je voudrais‖ vivre une traverséeQui ne finirait pas,‖ qui durerait toujours.
Oh ! J’en ai comme assez‖ de tout et de moi-même,Des plaisirs et chagrins‖ mesquins et superflus,De l’existence ici,‖ méchante, basse et blême…‒ Je voudrais m’en aller‖ pour ne revenir plus.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a mer / ouvert masculine, non classiqueb j’arrive / rive féminine, classiquea escales / pâles féminine, classiqueb ports / tors masculine, classiquea jours / toujours masculine, classiqueb bercée / traversée féminine, classiquea moi-même / blême féminine, classiqueb superflus / plus masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources