Essais poétiques, 1824· Magdeleine Poëme
Fragment du chant cinquième
Satan va prononcer l’infernale sentence ;Car il craint la vertu moins que la pénitence.
Ainsi parle Satan. Mais dans l’affreux cortègeQuel est-il ce démon que sa faveur protège ?Dans sa fatale main il agite un flambeau ;Que ses regards brûlants font frémir ! Qu’il est beau !Si la Haine était belle, on dirait : C’est la Haine !Des anneaux d’un serpent il a formé sa chaîne,Il porte sur son dos les ailes du vautour,Et l’enfer l’a nommé le démon de l’amour !Ce n’est pas cet amour dont la pudique flamme,Comme un pardon du ciel, vient épurer notre ame,Ce gage précieux d’un bonheur avenir,Ce rayon du beau jour qui ne doit pas finir !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Essais poétiques, Paris, IMPRIMERIE DE GAULTIER-LAGUIONIE, 1824· numérisation Project Gutenberg· Sources