La verdure dorée, 1922
I. « Allez et que l’amour vous serve de cornac »
Allez et que l’amour‖ vous serve de cornac,Doux éléphant de mes pensées.Ô poète, tu n’as qu’À suivre allégrement‖ leurs croupes balancées,Cependant que l’espoir‖ te tresse un blanc hamac.
Tu as voulu guider‖ ton troupeau vers les cimes,Vers le glacier que nul‖ vivant n’avait foulé ;Les éléphants tremblaient‖ sur le bord des abîmes,Où, tandis qu’ils tondaient‖ un maigre serpolet,Tu prenais des poses sublimes.
Va ! Redescends avec‖ tes monstres affamésVers la douceur des terres grasses.C’est le vallon que tu aimais,La maison aux volets fermés,La flûte au bord du fleuve‖ et les vieilles terrasses.
Voici la plaine herbeuse‖ où tu reposerasDans le hamac‖ consolateur‖ des infortunes ;L’air nocturne caressera‖ tes membres las,Et les bleus éléphants‖ brouteront des lilas,Sous la clarté tiède des lunes.
Versification
- Forme
- 4 quintils (strophes variées)
- Rimes
- 2(ababa) 2(abaab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (13 de 12, 6 de 8, 1 de 6)· profil 8, 6=6, (6)
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a cornac / qu / hamac masculine, classiqueb pensées / balancées féminine, classiquea cimes / abîmes / sublimes féminine, classiqueb foulé / serpolet masculine, classiquea affamés / aimais / fermés masculine, équivalenteb grasses / terrasses féminine, classiquea reposeras / las / lilas masculine, équivalenteb infortunes / lunes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources