La verdure dorée, 1922
LXXXVIII. « Oui, je chante la joie ivre et passionnée »
Oui, je chante la joie‖ ivre et passionnéeEt je noue à ma barbe‖ une rose fanéePour songer nuit et jour‖ qu’il faudra que mon corpsSe dissolve comme elle‖ et quitte les décorsFastueux où le monde‖ épanouit sa force.Je m’en irai.‖ Je tomberai‖ comme l’écorceDes platanes, comme les feuilles,‖ comme lesRoses ! Je suis vivant !‖ Ciel, nuages gonflésD’eau lourde, bois roussis‖ par les torches d’automne,Vergers où l’or vivant‖ des abeilles bourdonne,Fruits riches, souvenirs‖ d’un magnifique été,Moissons, je vous respire‖ avec aviditéEt je mêle ma vie‖ au triomphe des choses,Éperdu comme les‖ feuilles, comme les roses !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a passionnée / fanée / les féminine, classiqueb corps / décors masculine, classiquec force / l’écorce féminine, classiquee gonflés / été / avidité masculine, mixtef d’automne / bourdonne féminine, non classiqueh choses / roses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 2.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources