La verdure dorée, 1922
XC. « Une pie de neige et d’ébène »
Une pie de neige et d’ébèneOu, si l’on veut,‖ de craie et de charbon,Tandis que je songe à ma peineS’envole et vole au vert vallon.
L’eau fredonne sous mes semellesEt je m’endors‖ dans l’herbe du talus.Voici des jours et des semainesQue pour moi tu ne souris plus.
Tu dois pleurer dans cette villeComme, la nuit,‖ je pleure loin de loi…Le vent (qui sait ?) souffle, et raviveLes girouettes sur le toit
Rouge de cette maisonnetteEn fleurs où nous‖ nous sommes tant aimés ;Mais les roses de la tonnelleRefleuriront-elles jamais
Pour moi qui, près de la rivièreQue frôle et griffe‖ un bleu martin-pêcheur,En attendant que l’oubli vienneAvec son calme et sa fraîcheur
Compose un poème inutileEn écoutant‖ les blancs et bleus remousDe l’eau qui chante sous la digueEt qui caresse les cailloux.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes et décasyllabes (18 de 8, 6 de 10)· profil 8, 4+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La verdure dorée, Paris, ÉDITIONS ÉMILE-PAUL FRÈRES, 1908· numérisation poesies.net· Sources