Les pleurs, 1833
Amour
Trop faibles que nous sommes ;
C’est toujours cet amour qui tourmente les hommes.André Chénier.
Ce que j’ai dans le cœur,‖ brûlant comme notre âge,Si j’ose t’en parler,‖ comment le définir ?Est-ce un miroir ardent‖ frappé de ton image ?Un portrait palpitant‖ né de ton souvenir ?
Vois ! je crois que c’est toi,‖ même dans ton absence,Dans le sommeil ; eh quoi !‖ peut-on veiller toujours ?Ce bonheur accablant‖ que donne ta présence,Trop vite épuiserait‖ la flamme de mes jours.
Le même ange peut-être‖ a regardé nos mères ;Peut-être une seule âme‖ a formé deux enfants.Oui, la moitié qui manque‖ à tes jours éphémères,Elle bat dans mon sein,‖ où tes traits sont vivants !
Sous ce voile de feu‖ j’emprisonne ta vie.Là, je t’aime, innocente,‖ et tu n’aimes que moi.Ah ! si d’un tel repos‖ l’existence est suivie,Je voudrais mourir jeune,‖ et mourir avec toi !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a âge / image féminine, classiqueb définir / souvenir masculine, classiquea absence / présence féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea mères / éphémères féminine, classiqueb enfants / vivants masculine, classiquea vie / suivie féminine, classiqueb moi / toi masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources