Les pleurs, 1833
L’adieu tout bas
Quoi ! chanter ! quand l’amour, quand la douleur déchire !
Chanter, la mort dans l’âme et les pleurs dans les yeux !Jean Polonius.
Autant que moi-même,En quittant ces lieux,Cherchez qui vous aimeEt vous plaise mieux !
Éloignez la flammeQui nourrit mes pleurs,Car je n’ai qu’une âmePour tant de douleurs !
La raison regardeA trop d’amitié ;J’en pris, par mégarde,Plus de la moitié !
Dormez à ma plainte,Quand j’écris tout basCes mots que ma crainteN’exhalera pas !
La femme qui pleureTrahit son pouvoir ;Il faut qu’elle meureSans le laisser voir !
Quand le cœur sommeilleFrappé de langueur,Ce n’est pas l’oreilleQui comprend un cœur.
Il est un langageAppris par les yeux ;Nos yeux, page à page,Y trouvent les cieux !
C’est un livre d’ange,Quand on est aimé ;Si l’un des deux change,Le livre est fermé !
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Pentasyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a moi-même / aime féminine, classiqueb lieux / mieux masculine, classiquea flamme / âme féminine, classiqueb pleurs / douleurs masculine, classiquea regarde / mégarde féminine, classiqueb d’amitié / moitié masculine, classiquea plainte / crainte féminine, classiqueb bas / pas masculine, classiquea pleure / meure féminine, classiqueb pouvoir / voir masculine, classiquea sommeille / l’oreille féminine, classiqueb langueur / cœur masculine, classiquea langage / page féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea d’ange / change féminine, classiqueb aimé / fermé masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources