Les pleurs, 1833
Le songe
Oui, l’amour vit d’erreurs et de pressentiments,
Eh ! qui ne lui connaît, dans ses vagues tourments,
Pour irriter sa fièvre ou calmer ses alarmes,
Des superstitions, des augures, des charmes ?
On dirait qu’immortel, ce tyran passager,
À son frêle avenir ne voit rien d’étranger.H. de Latouche.
C’était un songe : il me parlait.Que sa voix était douloureuse !« Adieu ! disait-il ; sois heureuse ! »Et cependant il s’en allait !
Seul au fond d’une vaste plaine,De loin il me montrait des fleurs ;Et mes pieds me portaient à peine ;Et ma voix s’écoulait en pleurs.
Mon cœur s’épuisait à l’attendre,Les chemins se changeaient en flots ;J’exhalais son nom sans m’entendre,Je ne criais que des sanglots.
Il regarde, il pleure, il s’arrête.« Tu le veux, dit-il, me voilà ! »Des ailes planaient sur ma tête :Il était ange… et s’envola.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 1(abba) 3(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a parlait / allait masculine, classiqueb douloureuse / heureuse féminine, classiquea plaine / peine féminine, classiqueb fleurs / pleurs masculine, classiquea l’attendre / m’entendre féminine, classiqueb flots / sanglots masculine, classiquea s’arrête / tête féminine, classiqueb voilà / s’envola masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources