Les pleurs, 1833
Une fleur
L’odeur d’une simple violette suffit pour rappeler le
souvenir des jouissances de plusieurs printemps.Ramond.
Elle était belle encor !‖ tu me l’avais donnée ;Tu m’avais dit : « Tiens-la,‖ cette nuit, sur ton cœur ! »Et puis le soir, ta main,‖ railleuse à l’humble fleur,Dispersa dans les airs‖ sa cendre infortunée.
Et tu me regardais‖ à travers le flambeauQui vacillait du poids‖ de ce doux incendie ;Et tu la suspendais‖ sur le brûlant tombeau,Symbole de l’ardente‖ et folle maladie !
Je te trouvai cruel.‖ Le rire de tes yeuxFit rouler dans les miens‖ des pleurs silencieux ;Car j’aimais cette fleur‖ qui m’avait dit : « Il t’aime ! »Et j’ai vu tout un sort‖ dans ce rapide emblème.
Ne m’offre pas de fleur.‖ Le faible doit prévoir.Faible, sans la sauver,‖ j’épouse son offense ;Une femme, une fleur,‖ s’effeuillent sans défense :Tu riais d’elle… et moi‖ je ne veux plus te voir !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2(abba) 1(abab) 1(aabb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a donnée / infortunée féminine, classiqueb cœur / fleur masculine, classiquea flambeau / tombeau masculine, classiqueb incendie / maladie féminine, classiquea yeux / silencieux masculine, classiqueb t’aime / emblème féminine, classiquea prévoir / voir masculine, classiqueb offense / défense féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources