Poésies inédites, 1860· Amour
Les cloches et les larmes
Sur la terre où sonne l’heure,Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.
L’orgue sous le sombre arceau,Le pauvre offrant sa neuvaine,Le prisonnier dans sa chaîneEt l’enfant dans son berceau ;
Sur la terre où sonne l’heure.Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.
La cloche pleure le jourQui va mourir sur l’église,Et cette pleureuse assise,Qu’a-t-elle à pleurer ?… L’amour.
Sur la terre où sonne l’heure,Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.
Priant les anges cachésD’assoupir ses nuits funestesVoyez, aux sphères célestes,Ses longs regards attachés.
Sur la terre où sonne l’heure,Tout pleure, ah ! mon Dieu, tout pleure.
Et le ciel a répondu :« Terre, ô terre, attendez l’heure !J’ai dit à tout ce qui pleure.Que tout lui sera rendu. »
Sonnez, cloches ruisselantes !Ruisselez, larmes brûlantes !Cloches qui pleurez le jour !Beaux yeux qui pleurez l’amour !
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 4(aa) 4(abba) 1(aabb)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 5 quatrains, 4 distiques
- Mots à la rime
- a l’heure / pleure féminine, classiquea arceau / berceau masculine, classiqueb neuvaine / chaîne féminine, classiquea jour / L’amour masculine, classiqueb l’église / assise féminine, classiquea cachés / attachés masculine, classiqueb funestes / célestes féminine, classiquea répondu / rendu masculine, classiquea ruisselantes / brûlantes féminine, classiqueb jour / l’amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Inédites, Genève, Impr. de J. Fick, 1860· numérisation archive.org· Sources