Poésies, 1830· Élégies
L’imprudence
Comme une fleur,‖ à plaisir effeuillée,Pâlit, tombe et s’efface‖ une brillante erreur.Ivre de toi,‖ je rêvais le bonheur :Je rêvais, tu m’as éveillée.Que ce réveil‖ va me coûter de pleurs !Dans le sein de l’Amour‖ pourrai-je les répandre ?Il m’enchaînait à toi‖ par des liens de fleurs ;Tu me forces à les lui rendre.Un seul mot à nos yeux‖ découvre l’avenir ;Un reproche souvent‖ attriste l’espérance.Hélas ! s’il faut rougir‖ d’une tendre imprudence,Toi qui la partageas,‖ devais-tu m’en punir ?Loin de moi va chercher‖ un plus doux esclavage,Va ! de tout mon bonheur‖ j’ai payé ton bonheur.Eh bien ! pour t’en venger,‖ tu m’as rendu mon cœur,Et tu me l’as rendu‖ brûlant de ton image.Je le reprends‖ ce cœur blessé par toi ;Pardonne à mon imprévoyance :Je lui dois ton indifférence ;Que te faut-il encor‖ pour te venger de moi ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 4[abba] 1[abab]
- Mètre
- Vers de 12, 8 et 10 syllabes (12 de 12, 4 de 8, 4 de 10)· profil 8, 4+6, 6+6
- Mots à la rime
- a effeuillée / éveillée féminine, classiqueb erreur / bonheur masculine, classiquea pleurs / fleurs masculine, classiqueb répandre / rendre féminine, classiquea l’avenir / punir masculine, classiqueb l’espérance / imprudence féminine, classiquea esclavage / image féminine, classiqueb bonheur / cœur masculine, classiquea toi / moi masculine, classiqueb imprévoyance / indifférence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources