Poésies, 1830· Poésies inédites romances
La jeune chatelaine
« Je vous défends, châtelaine,De courir seule au grand bois. »M’y voici, tout hors d’haleine,Et pour la seconde fois.J’aurais manqué de courageDans ce long sentier perdu ;Mais que j’en aime l’ombrage !Mon seigneur l’a défendu.
« Je vous défends, belle mie,Ce rondeau vif et moqueur. »Je n’étais pas endormieQue je le savais par cœur.Depuis ce jour je le chante ;Pas un refrain n’est perdu :Dieu ! que ce rondeau m’enchante !Mon seigneur l’a défendu.
« Je vous défends sur mon pageDe jamais lever les yeux. »Et voilà que son imageMe suit, m’obsède en tous lieux.Je l’entends qui, par mégarde,Au bois s’est aussi perdu.D’où vient que je le regarde ?Mon seigneur l’a défendu.
Mon seigneur défend encoreAu pauvre enfant de parler ;Et sa voix douce et sonoreNe dit plus rien sans trembler.Qu’il doit souffrir de se taire !Pour causer quel temps perdu !Mais, mon page, comment faire ?Mon seigneur l’a défendu.
Versification
- Forme
- 4 huitains (huitains)
- Rimes
- 4(ababcdcd)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 4 huitains
- Mots à la rime
- a châtelaine / d’haleine féminine, classiqueb bois / fois masculine, classiquec courage / l’ombrage féminine, classiqued perdu / défendu masculine, classiquea mie / endormie féminine, classiqueb moqueur / cœur masculine, classiquec chante / m’enchante féminine, classiquea page / image féminine, classiqueb yeux / lieux masculine, classiquec mégarde / regarde féminine, classiquea encore / sonore féminine, classiqueb parler / trembler masculine, classiquec taire / faire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources