Poésies, 1830· Poésies inédites mélanges
Le message
Le voilà cet écrit‖ qu’ont demandé mes larmes ;Dont l’absence à mes jours‖ a volé tant de charmes,Dont l’attente partout‖ attirait mes regards,Dont j’écoutai deux ans‖ la promesse charmante,Que je voyais flottant‖ dans de tristes hasards,Enlevé par le sort‖ aux soupirs d’une amante !Le voilà sur mon cœur,‖ et mon cœur n’entend rien ;Mes yeux l’ont parcouru‖ sans y revoir la vie ;L’âme qui l’a tracé‖ n’en fait plus un lien ;L’âme qui le reçoit‖ en regrette l’envie !J’ai rêvé… j’en ai dû‖ de plus doux au sommeil !Hélas ! Je fus toujours‖ crédule à l’espérance,Il ne vient pas payer‖ les tourments du réveil ;Je fus aussi toujours‖ sans force à la souffrance !
Et je ne reçois pas‖ ce que j’avais perdu ;Et le bonheur lui-même…‖ ô secrète misère !Étonnement d’un cœur‖ avec lui trop sincère !Pour qu’il soit le bonheur,‖ je l’ai trop attendu.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[aa] 3[abab] 1[abba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a larmes / charmes féminine, classiquea regards / hasards masculine, classiqueb charmante / amante féminine, classiquea rien / lien masculine, classiqueb vie / l’envie féminine, classiquea sommeil / réveil masculine, classiqueb l’espérance / souffrance féminine, classiquea perdu / attendu masculine, classiqueb misère / sincère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources