Poésies, 1830· Romances
Les serments
Hélas ! que les vieillards‖ savent de tristes choses !Hier, après la fête,‖ ils riaient des amants ;Ils riaient ! Leurs serments,‖ disaient-ils, sont des roses,En voilà sous nos pieds‖ d’aujourd’hui même écloses.Pourquoi, mon Olivier,‖ m’as-tu fait des serments ?
J’ai couru vers mes fleurs‖ avec un trouble extrême ;Je n’en veux plus cueillir,‖ même pour me parer :Mais si de tes amours‖ leur durée est l’emblème,Tu ne m’aimeras pas‖ longtemps comme je t’aime.La dernière s’entr’ouvre…‖ elle m’a fait pleurer.
En vain le grand ruisseau‖ coule au pied du bocage,Il n’a pu les sauver‖ des mortelles chaleurs.Les roses, les serments‖ s’envolaient du rivage ;Tout fuyait comme l’onde‖ où tremblait mon image ;Et tu n’es pas venu‖ pour essuyer mes pleurs !
Du discours des vieillards‖ je demeure oppressée.Adieu… Non, je ne veux‖ t’écouter ni m’asseoir ;Chaque feuille qui tombe‖ afflige ma pensée.Eh quoi ! comme un parfum‖ ma joie est donc passée ?Plus d’espoir… plus de fleurs…‖ apporte-m’en ce soir !
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(abaab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a choses / roses / écloses féminine, classiqueb amants / serments masculine, classiquea extrême / l’emblème / t’aime féminine, classiqueb parer / pleurer masculine, classiquea bocage / rivage / image féminine, classiqueb chaleurs / pleurs masculine, classiquea oppressée / pensée / passée féminine, classiqueb m’asseoir / soir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Éditions du Trianon, 1931· Sources