Poésies de Madame Deshoulières, 1688· Stances
Stances
DIEUX ! qu’est-ce que je sens‖ d’inquiet et de tendre ?Me serais-je laissé charmer ?Hélas ! je n’en sais rien ;‖ je voudrais bien l’apprendre,Et je n’ose m’en informer.
D’un charmant souvenir‖ je suis tout occupée ;Ah ! mon destin n’est plus douteux.Mon cœur, vous soupirez,‖ ou je suis fort trompée,Comme fait un cœur amoureux.
Vous cédez à Tircis‖ sans faire résistance,Vous qu’on a vu plus d’une foisTraiter impunément‖ avec indifférenceTout ce qu’on a vu sous mes lois.
Pourquoi m’en étonner ?‖ Tircis est plus aimableQue tout ce qu’on voit ici-bas ;Et je ne sens que trop‖ qu’il est plus redoutablePour qui craint un tendre embarras.
Dissimulons du moins‖ ces cruelles alarmes.Mais, quand ce berger plein d’ardeurPoussera des soupirs‖ ou répandra des larmes,Mes yeux, vous trahirez mon cœur.
Vous irez découvrir‖ le tourment qui me presse,Et, par un regard languissant,Vous direz à Tircis‖ combien je m’intéressePour toutes les peines qu’il sent.
Oui, de tout mon repos‖ vous avoûrez la perte.Mais, dussent croître mes soucis,Mes yeux, pour vous punir‖ de l’avoir découverte,Vous ne verrez jamais Tircis.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (14 de 8, 14 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a tendre / l’apprendre féminine, classiqueb charmer / informer masculine, classiquea occupée / trompée féminine, classiqueb douteux / amoureux masculine, classiquea résistance / indifférence féminine, classiqueb fois / lois masculine, classiquea aimable / redoutable féminine, classiqueb ici-bas / embarras masculine, classiquea alarmes / larmes féminine, classiqueb d’ardeur / cœur masculine, classiquea presse / m’intéresse féminine, classiqueb languissant / sent masculine, classiquea perte / découverte féminine, classiqueb soucis / Tircis masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, THÉOPHILE BERQUET, LIBRAIRE, 1824· numérisation wikisource.org· Sources